Poisson rouge en bassin extérieur toute l’année : quelles variétés, quel bassin

Oui, un poisson rouge vit dehors toute l’année en France, à condition de choisir la bonne variété et de lui donner assez d’eau sous lui. Les variétés à corps allongé et queue simple, wakin, comète, sarasa, shubunkin, et le tamasaba de Niigata passent l’hiver dans un bassin de jardin non chauffé. Les variétés à corps court et queue double, oranda, ranchu, ryukin, tosakin, rentrent à l’abri ou restent en bac. Ce guide dit lesquelles, pourquoi, et ce que le bassin doit avoir.

Tamasaba rouge et blanc, le poisson rouge de bassin au corps rond
Tamasaba tosai au magasin de Lesneven : corps rond, queue simple, faits pour le bassin.

Pourquoi le poisson rouge est le poisson de bassin par excellence

Le poisson rouge, Carassius auratus, descend d’un carassin d’Asie de l’Est. C’est un poisson d’eau froide au sens strict : les contenants d’extérieur japonais l’accueillent dans une eau de 5 à 35 °C et il hiverne dehors, écrit Tokyo Aqua Garden. Il ne demande ni chauffage ni abri l’hiver, il mange ce qu’on lui donne et ce qu’il trouve, il supporte des eaux très différentes et il vit longtemps : plus de dix ans pour un wakin, dix à quinze ans pour une comète selon la même source. Un bassin de jardin français, avec ses étés tièdes et ses hivers courts, lui convient mieux qu’un aquarium.

C’est aussi le poisson d’ornement le moins cher, ce qui explique qu’on le traite souvent mal. Ce site part du principe inverse : le poisson rouge mérite un bassin dimensionné pour sa taille adulte, pas pour celle du poisson acheté à 5 cm.

Les variétés qui vivent dehors toute l’année

Les encyclopédies japonaises classent les poissons rouges par forme du corps, et c’est cette forme qui décide de l’hivernage. Le groupe des types wakin (和金型), corps allongé proche du poisson sauvage, est le plus rustique. Notre page sur les cinq groupes de poissons rouges japonais détaille la grille.

  • Wakin (和金). Le plus ancien poisson rouge japonais, queue simple ou double courte, rouge ou rouge et blanc. Tokyo Aqua Garden le place en tête des variétés robustes : plus de 15 cm, plus de dix ans. Voir la fiche wakin.
  • Comète et sarasa. Variété américaine à longue queue simple, 25 à 30 cm d’après Tokyo Aqua Garden, parfois près de 40 cm en bassin. Nageur rapide, qui saute. En France, « sarasa » désigne la comète rouge et blanc. Voir comète et sarasa.
  • Shubunkin (朱文金). Le calico à queue simple, bleu, rouge, noir sur écailles nacrées. Robuste, supporte le courant, devient grand. Voir la fiche shubunkin.
  • Tamasaba (玉サバ). Le cas particulier de ce site : un corps de ryukin, rond et haut, avec une queue simple. Il a été créé à Niigata pour passer l’hiver dehors, et les éleveurs de koï de Yamakoshi l’élèvent dans leurs bassins de montagne. Tokyo Aqua Garden le décrit comme très résistant au froid et capable de vivre avec des carpes koï. Il atteint 30 cm et plus. Voir la fiche tamasaba et ses dérivés, tamanishiki et fukudaruma.
  • Shōnai (庄内金魚). Le poisson rouge local de Yamagata, queue simple, rustique, père présumé du tamasaba. Rare en Europe. Voir la fiche Shōnai.

Les variétés qui ne passent pas l’hiver dehors

Le manuel « 金魚の飼い方 » de l’Université de Yamaguchi est net : les nageoires longues et les corps courts hivernent mal en extérieur. Tokyo Aqua Garden nomme les variétés sensibles au froid : ranchu, ryukin, demekin et pingpong pearl, et recommande de les chauffer, de préférence toute l’année. La raison tient à la digestion. Un corps comprimé en boule a un intestin replié, et dans une eau froide la digestion ralentit au point de provoquer des troubles de flottaison, la « maladie de la culbute » des éleveurs japonais.

  • Ryukin (琉金) : corps haut, queue double longue, nage lente. Voir la fiche ryukin.
  • Oranda (オランダ獅子頭) et ranchu (らんちゅう) : la bosse de la tête se blesse et s’infecte dans une eau froide stagnante ; le ranchu, sans dorsale, nage mal.
  • Tosakin (土佐錦) : poisson de bac peu profond, jamais de bassin, écrit All About. Voir la fiche tosakin.
  • Jikin (地金) : queue papillon, constitution fragile selon All About et Tokyo Aqua Garden. Pas un poisson de bassin de débutant. Voir la fiche jikin.
  • Les longues nageoires en général, y compris les voiles de chine : elles se déchirent, s’accrochent, et les mycoses s’installent dans l’eau froide.

Nous ne les interdisons pas dehors. Un oranda vit très bien dans un bassin de mai à octobre. Mais nous conseillons de le rentrer dans un bac hors gel avant les premières gelées.

Ce que le bassin doit avoir

Du volume. Tokyo Aqua Garden compte 2 litres par centimètre de poisson adulte pour les types wakin et 3 litres pour les corps ronds comme le tamasaba, au minimum. Un tamasaba de 30 cm, c’est 90 litres pour lui seul. Le détail est dans quel volume de bassin pour des poissons rouges.

De la profondeur. C’est elle qui protège du gel l’hiver et de la surchauffe l’été. L’estimateur d’À Flore d’Eau fixe 1,20 m au moins pour un bassin à koï, contre le gel et les hérons. Pour un bassin de poissons rouges seuls, une zone profonde moindre suffit.

Une filtration qui tourne. Le poisson rouge est un gros mangeur qui salit vite, écrit Tokyo Aqua Garden. Le guide de dimensionnement d’afloredeau.com donne la règle : le volume du bassin passe au moins une fois par heure dans le filtre, et la pompe tourne jour et nuit en saison.

Des plantes. Pour l’ombre, l’abri et l’épuration. Les poissons rouges mangent les plantes tendres : le choix est dans quelles plantes avec des poissons rouges.

Une protection. Contre le héron, le chat et le martin-pêcheur : de la profondeur, une berge abrupte, un filet à l’automne.

Les saisons du poisson rouge en bassin

Printemps. Quand l’eau du matin dépasse 10 °C plusieurs jours de suite, on redonne un peu de nourriture. L’appétit revient avec la température et c’est le moment des premières pontes, dès que l’eau tient 15 à 18 °C. Voir la reproduction en bassin.

Été. Croissance et appétit maximum entre 15 et 25 °C selon Tokyo Aqua Garden. Au-delà de 30 °C, l’appétit baisse et l’oxygène manque ; le tamasaba ne doit pas dépasser 34 °C. On ombre une partie du bassin, on aère, on nourrit en deux ou trois petits repas. Voir nourrir selon la température.

Automne. Sous 15 °C, l’appétit diminue. On réduit, on retire les feuilles mortes. Un poisson qui reste à l’écart ou flotte de travers se regarde de près : les signes d’un poisson rouge malade.

Hiver. Sous 10 °C, le poisson se tient au fond et ne mange plus ; sous 5 °C, il hiverne. On ne nourrit plus, on ne change pas l’eau, on garde un trou dans la glace. Tout est dans l’hivernage des poissons rouges en France.

Avec qui le mettre

Entre poissons rouges, Tokyo Aqua Garden conseille de réunir des poissons de même forme de corps : les nageurs rapides mangent tout avant les lents. Comète, shubunkin, wakin et tamasaba vont ensemble ; un ryukin avec eux maigrit. Avec des carpes koï, les types wakin et le tamasaba tiennent, à condition de surveiller l’écart de taille : voir tamasaba et koï dans le même bassin. Avec des medakas, non : voir poissons rouges et medakas.

Ce que dit la loi

Aucun Carassius ne figure sur la liste de l’Union des espèces exotiques envahissantes ni sur l’arrêté français du 14 février 2018. Il est en revanche interdit de relâcher un poisson rouge dans le milieu naturel (Code de l’environnement, article L.432-10) et de l’utiliser comme vif (arrêté du 11 août 2006). Un poisson en trop se donne.

Les chiffres à retenir

Variétés dehors toute l’année wakin, comète, sarasa, shubunkin, tamasaba, Shōnai
Variétés à rentrer l’hiver oranda, ranchu, ryukin, demekin, tosakin, longues nageoires
Tolérance thermique 5 à 35 °C (Tokyo Aqua Garden) ; 34 °C au plus pour le tamasaba
Appétit baisse sous 15 °C, arrêt du nourrissage sous 9 °C, hivernage sous 5 °C
Volume minimal 2 L par cm (corps allongé), 3 L par cm (corps rond), sur la taille adulte
Profondeur 1,20 m avec des koï ; poissons rouges seuls
Filtration le volume une fois par heure, pompe en continu
Taille adulte wakin 15 cm et plus ; comète 25-30 cm ; tamasaba 30 cm et plus

Questions fréquentes

Un poisson rouge d’aquarium peut-il aller au bassin ?

Oui, si c’est une variété à queue simple, au printemps, quand l’eau du bassin dépasse 15 °C et approche celle de l’aquarium. On l’acclimate une heure dans un seau d’eau mélangée. Un oranda ou un ryukin d’aquarium peut y passer l’été, pas l’hiver.

Faut-il un chauffage ou une pompe l’hiver ?

Pas de chauffage pour les variétés rustiques. La pompe peut rester en marche si elle ne brasse pas le fond. Un aérateur ou une balle flottante garde un trou dans la glace.

Quelle est la différence entre un poisson rouge et une carpe koï ?

Deux espèces. Le koï dépasse 50 cm et grandit à la mesure de son bassin ; le poisson rouge plafonne entre 10 et 30 cm selon la variété, écrit Tokyo Aqua Garden. Pour choisir, voir où acheter un tamasaba en France et la FAQ du site.

Sources