Tamasaba et carpes koï dans le même bassin : la cohabitation qui marche

Oui, le tamasaba est le poisson rouge qui vit le mieux avec des carpes koï. Au Japon, les éleveurs de Yamakoshi l’élèvent dans les mêmes bassins que leurs koï, et Tokyo Aqua Garden le cite comme compatible avec de jeunes koï. Même eau froide, même nourriture, même hivernage. La seule limite est l’écart de taille : un koï de 60 cm face à un tamasaba de 15 cm finit par l’écarter du repas. Ce guide dit à quelles conditions ça marche, et quand il faut séparer.

Deux poissons, une même eau

Le koï est une carpe commune, Cyprinus carpio, sélectionnée pour ses couleurs. Le tamasaba est un poisson rouge, Carassius auratus, deux espèces différentes mais deux cyprinidés d’eau froide aux besoins proches. Tokyo Aqua Garden résume : les deux s’adaptent à une large gamme de qualités d’eau et de températures, les deux sont omnivores à tendance végétarienne, les deux salissent beaucoup. Un bassin qui convient aux koï, profond, filtré, oxygéné, convient au tamasaba.

Le lien historique est direct. Le tamasaba (玉サバ) est né dans le Chūetsu, région de Niigata qui est aussi le berceau du koï. Les éleveurs de Yamakoshi, Marushin entre autres, élèvent les deux dans leurs bassins de montagne, et c’est cette vie commune qui a fait du tamasaba un poisson rouge d’hiver. Son histoire est dans la fiche tamasaba.

Pourquoi le tamasaba et pas n’importe quel poisson rouge

Tokyo Aqua Garden pose la règle générale : seuls les poissons rouges de type wakin, au corps allongé et à la nage puissante, wakin, comète, shubunkin, tiennent durablement avec des koï. Les ryukin et les pingpong pearl sont déconseillés : nage lente, corps rond, troubles digestifs. Le tamasaba a le corps du ryukin mais la queue simple du wakin, et c’est cette queue qui change tout : il nage mieux que le ryukin, écrit le même site, et il est assez robuste pour le froid et le mouvement. Dans sa fiche tamasaba, Tokyo Aqua Garden cite comme compagnons possibles, dans un grand volume, les poissons rouges à queue de carassin comme le shubunkin et le wakin, et de jeunes koï ; il exclut le ryukin, le demekin et le pingpong pearl.

Le fukudaruma et les tamasaba très ronds sont un cas limite : plus le corps est court, plus la nage ralentit. Voir tamanishiki, fukudaruma et autres dérivés.

L’écart de taille, le vrai problème

Tokyo Aqua Garden décrit ce qui arrive quand la différence de taille et de nage se creuse : le petit poisson est poursuivi, n’arrive plus à manger et s’affaiblit. Il ne s’agit pas de prédation, un koï n’avale pas un tamasaba de 15 cm, mais de concurrence. Au moment du repas, un koï de 50 cm déplace l’eau, aspire la surface et ne laisse rien. Le tamasaba, plus petit et plus prudent, arrive après.

Les ordres de grandeur. Un koï dépasse 50 cm et grandit à la mesure de son bassin, écrit Tokyo Aqua Garden ; dans un bassin de jardin français il atteint 40 à 60 cm en quelques années, 70 cm et plus pour une belle lignée dans un grand volume. Un tamasaba adulte fait 30 cm et plus, 40 cm pour les plus gros selon Tokyo Aqua Garden. L’écart final est donc de 1 à 2, parfois 1 à 3. C’est tenable. L’écart au départ, quand on met un tosai de 8 cm avec des koï de 50 cm, ne l’est pas.

La règle que nous appliquons : introduire des tamasaba d’au moins la moitié de la taille des koï présents, ou introduire les deux jeunes et les laisser grandir ensemble. Le koï grandit plus vite, mais le tamasaba a le temps de prendre sa place.

La nourriture : la même, distribuée autrement

Un granulé flottant pour koï convient au tamasaba ; Tokyo Aqua Garden recommande pour lui des granulés pour poissons rouges complétés de larves de moustique congelées pour la croissance. Dans un bassin mixte, la question n’est pas l’aliment mais l’accès. Trois méthodes qui marchent.

  • Deux points de distribution. On nourrit les koï à un bout du bassin, et quelques secondes plus tard les tamasaba à l’autre bout, avec un granulé plus petit. Les koï se déplacent, les tamasaba mangent.
  • Un granulé coulant pour les tamasaba. Le poisson rouge fouille le fond volontiers ; les koï aussi, mais ils sont occupés en surface.
  • Un anneau de nourrissage ou un panier de plantes en surface, qui retient les granulés dans une zone que les gros koï n’investissent pas tous.

Tokyo Aqua Garden rappelle que les nageurs rapides mangent davantage et que les lents manquent le repas ; on vérifie donc le ventre des tamasaba chaque semaine. Un tamasaba qui maigrit dans un bassin de koï ne manque pas de nourriture, il manque d’accès. Le dosage selon la saison est dans nourrir selon la température.

Le bassin : celui des koï

Un bassin à koï est dimensionné pour des poissons de 60 cm : 1,20 m de profondeur au moins selon l’estimateur d’À Flore d’Eau, contre le gel et les hérons, et une filtration qui fait passer le volume 1,5 à 2 fois par heure d’après le guide de dimensionnement d’afloredeau.com. Le tamasaba y trouve tout ce qu’il lui faut. Dans l’autre sens, un bassin de poissons rouges de 1 000 litres n’accueille pas de koï : il sera trop petit dans deux ans. Les volumes sont dans quel volume de bassin pour des poissons rouges.

Le courant. Les koï aiment un brassage marqué ; le tamasaba le supporte mieux que le ryukin grâce à sa queue, mais il apprécie une zone calme, derrière des plantes ou dans une anse peu profonde. Une partie du bassin hors du flux de la pompe lui sert de refuge.

L’hivernage. Identique : les deux ralentissent sous 10 °C, on arrête de les nourrir sous 9 °C, et ils hivernent au fond. Voir l’hivernage en France. En été, le tamasaba ne doit pas dépasser 34 °C (Tokyo Aqua Garden), et un bassin à koï profond ne les atteint pas.

Quand séparer

Tokyo Aqua Garden donne le critère : si le koï prend le dessus, on sépare. Les signes, dans l’ordre : le tamasaba ne vient plus manger avec les autres ; il reste dans un coin ; il maigrit, le dos se creuse ; des nageoires sont rognées. À ce stade on le sort, dans un bac ou un second bassin, et on le nourrit seul quelques semaines. Un bassin mixte s’observe au moins une fois par semaine, à l’heure du repas.

Deux autres raisons de séparer. Les traitements : un médicament dosé pour des koï de 5 kg dans un bassin de 10 m³ n’est pas un problème pour un tamasaba, mais un bain de sel à 0,5 % ou un antiparasitaire se décide pour tout le bassin ; voir les signes d’un poisson rouge malade. La reproduction : les koï mangent les œufs et les alevins de poisson rouge, et l’inverse. Un couple de tamasaba qu’on veut reproduire a son bassin ou son bac de ponte : la reproduction en bassin.

Et les hybrides ?

Carpe et poisson rouge peuvent s’hybrider. En pratique, les adultes mangent les œufs et on voit rarement grandir des alevins dans un bassin mixte. Ce n’est pas une raison de ne pas les réunir, c’est une raison de ne pas y compter sur la reproduction.

Les chiffres à retenir

Compatibles avec les koï tamasaba, wakin, comète, sarasa, shubunkin (Tokyo Aqua Garden)
À ne pas mettre avec les koï ryukin, demekin, pingpong pearl, oranda, ranchu
Taille adulte koï 50 cm et plus ; tamasaba 30 cm et plus, jusqu’à 40 cm
Écart à l’introduction tamasaba d’au moins la moitié de la taille des koï, ou les deux jeunes
Bassin celui des koï : 1,20 m, filtration 1,5 à 2 fois le volume par heure
Nourriture la même ; deux points de distribution
Séparer quand le tamasaba ne mange plus avec les autres, maigrit, s’isole
Reproduction à part ; les œufs sont mangés dans un bassin mixte

Questions fréquentes

Un koï peut-il manger un tamasaba ?

Un adulte, non. Un tosai de 5 cm, oui, un koï de 60 cm l’avale comme un granulé. D’où la règle de taille à l’introduction.

Puis-je mettre un tamasaba dans un bassin de 2 000 litres avec deux koï ?

Oui, c’est le cas le plus courant chez nos clients. Deux koï y seront à l’étroit dans quelques années ; les tamasaba, non. Pour les koï, voir koi-shop.fr, la boutique de carpes koï d’À Flore d’Eau.

Le tamasaba est-il un koï ?

Non. On le vend souvent dans les rayons koï, avec le vocabulaire des koï (tosai, nisai), parce que les mêmes éleveurs japonais le produisent. C’est un poisson rouge. Le glossaire reprend ces termes.

Et le shubunkin avec les koï ?

Même réponse que pour le tamasaba, avec un poisson un peu plus petit et plus vif. Voir la fiche shubunkin.

Sources