Poissons rouges et medakas dans le même bassin : non, et la solution

Non. Un poisson rouge, qu’il soit comète, shubunkin ou tamasaba, poursuit les medakas dès le premier jour et les avale dès qu’ils passent dans sa bouche. Les deux vivent en eau froide et se vendent au même rayon, et c’est ce qui trompe. La bonne solution est simple : le bassin aux poissons rouges, un bac ou une vasque aux medakas, à côté. Notre site frère medaka.fr a traité la question du point de vue du medaka ; voici le point de vue du poisson rouge.

Le poisson rouge est un prédateur, même petit

On oublie que Carassius auratus est omnivore et qu’il prend volontiers des proies animales : larves d’insectes, vers, œufs, alevins, y compris les siens. Un medaka adulte mesure 3 à 4 cm. Un wakin de 15 cm, une comète de 25 cm ou un tamasaba de 30 cm l’avalent sans effort. Tokyo Aqua Garden pose la règle en une phrase : toute espèce dont la bouche peut contenir un medaka est à exclure de son bac. Le poisson rouge en est le premier exemple.

Le point moins connu, que les éleveurs japonais soulignent, est que la poursuite commence avant la prédation. Même à taille égale, un poisson rouge de 5 cm chasse les medakas. Il est plus vif, plus curieux, il se précipite sur tout ce qui bouge. Les medakas se cachent, mangent moins, s’affaiblissent et meurent de stress ou de maladie bien avant d’être avalés. La disparition progressive d’un lot de medakas dans un bassin n’est donc pas forcément une série de repas.

Il mange aussi leur nourriture et leurs plantes

Au repas, le poisson rouge est le premier en surface. Tokyo Aqua Garden observe que les nageurs rapides mangent davantage et que les lents manquent le repas ; entre un poisson rouge et un medaka, l’écart est tel que le medaka ne mange pas du tout. Et le poisson rouge mange les plantes tendres dont le medaka a besoin pour pondre et se cacher : le cératophylle, les racines des flottantes. Il déracine ce qu’il ne mange pas. Un bassin de poissons rouges est un bassin aux plantes protégées, voir quelles plantes avec des poissons rouges ; un bac de medakas est un bac couvert de plantes fines. Ce ne sont pas les mêmes eaux.

Les besoins ne sont pas les mêmes

Le poisson rouge demande du volume, de la profondeur et une filtration qui brasse : 2 à 3 litres par centimètre de poisson adulte selon Tokyo Aqua Garden, le volume une fois par heure dans le filtre selon le guide d’afloredeau.com. Le medaka demande une eau calme, peu profonde, chaude en surface, sans courant, où il pond sur les racines. Le bassin qui convient à l’un est mauvais pour l’autre. Les volumes sont dans quel volume de bassin pour des poissons rouges.

Les cas où « ça marche »

On lit que des medakas vivent dans un bassin de poissons rouges. L’article de medaka.fr donne les trois explications, aucune rassurante : les poissons rouges sont encore petits et la cohabitation tient une saison ; le bassin est très grand et très planté, et quelques medakas survivent en lisière, dans les zones de 10 cm d’eau où le poisson rouge ne va pas, sans jamais se reproduire ; ou on ne compte pas, on a mis vingt medakas, on en voit trois, et on trouve que ça marche. Tokyo Aqua Garden le dit : les plantes offrent aux jeunes des cachettes temporaires, cela retarde, cela n’empêche pas.

Du point de vue du poisson rouge, c’est encore plus net. Il n’a aucun intérêt à cette cohabitation. Il mange une proie coûteuse, il stresse, il fouille davantage les plantes. Le seul avantage qu’on lui prête, la lutte contre les larves de moustique, il l’assure très bien tout seul.

Ce qui marche vraiment : deux eaux côte à côte

  • Le bassin aux poissons rouges, une vasque aux medakas. Un contenant de 20 litres ou plus, planté, sans filtre, posé au bord du bassin à mi-ombre. C’est l’installation que décrit medaka.fr et celle de beaucoup de jardins japonais : les koï et les poissons rouges dans le bassin, les medakas dans des bacs. Les medakas y vivent, y pondent, y hivernent.
  • Une anse étanche. Dans un grand bassin, une zone peu profonde isolée par un muret ou une bâche qui dépasse la surface, avec sa propre eau. Elle doit être réellement étanche : une grille laisse passer les alevins vers les poissons rouges, et l’inverse ne se produit jamais.
  • Le trop-plein du bassin. Si le bassin se déverse dans un petit bassin aval, celui-ci, sans poisson rouge, fait un bon bac à medakas, à condition qu’aucun poisson rouge ne descende avec l’eau et qu’un alevin ne remonte pas. Un filet fin sur la chute suffit rarement : on préfère deux volumes sans communication.

Dans les trois cas, un filet au-dessus du bac à medakas : le héron, le chat et la larve de libellule visitent une vasque comme un bassin.

Les bons compagnons d’un poisson rouge de bassin

Entre poissons rouges d’abord : Tokyo Aqua Garden conseille de réunir des poissons de même forme de corps, comète avec shubunkin, tamasaba avec wakin, pour que personne ne manque le repas. Avec des carpes koï ensuite, pour les types wakin et le tamasaba : voir tamasaba et koï dans le même bassin. Pour le reste, les escargots de bassin, les loches de fond, et la faune qui vient seule, tritons, grenouilles, libellules, dont les larves nourrissent au passage les poissons rouges. Aucun petit poisson de 3 cm, medaka, vairon ou guppy d’été, n’a sa place dans un bassin de poissons rouges adultes.

Les repères à retenir

Medaka adulte 3 à 4 cm
Poisson rouge de bassin adulte wakin 15 cm et plus, comète 25-30 cm, tamasaba 30 cm et plus
Poursuite dès le premier jour, même à taille égale
Prédation dès que le medaka passe dans la bouche ; œufs et alevins dans tous les cas
Plantes le poisson rouge mange et déracine celles dont le medaka a besoin
Solution vasque de 20 L ou plus à côté du bassin, ou anse étanche
Compagnons du poisson rouge autres poissons rouges de même forme, koï pour les types wakin et le tamasaba

Questions fréquentes

Mes poissons rouges font 5 cm, je peux mettre des medakas en attendant ?

Ils les poursuivront dès le premier jour et feront 10 cm avant la fin de l’été. Ce n’est pas une question de taille au départ.

Et un tamasaba, plus lent qu’une comète ?

Le tamasaba nage mieux que le ryukin, écrit Tokyo Aqua Garden, et sa bouche de poisson de 30 cm avale un medaka d’une aspiration. Il est très actif et fouille partout. Non.

Les medakas peuvent-ils servir de nourriture vivante aux poissons rouges ?

Techniquement oui, et c’est ce qui se passe. Un medaka d’élevage coûte plusieurs euros pièce, et la nourriture vivante expose les poissons rouges aux parasites d’un autre poisson. Un granulé de qualité fait mieux. Voir nourrir les poissons rouges.

Où lire la version medaka de cette question ?

Sur medaka.fr : medakas et poissons rouges dans le même bassin, avec les sources japonaises et l’installation d’une vasque à medakas à côté du bassin. Les deux sites sont écrits par À Flore d’Eau à Lesneven, voir à propos de tamasaba.fr.

Sources