Le Shōnai (庄内金魚) est un poisson rouge régional de la préfecture de Yamagata, au nord du Japon. Corps allongé, queue simple qui s’allonge avec l’âge jusqu’à dépasser le corps, robe rouge et blanc : un poisson de bassin rustique, presque introuvable hors du Japon. Il nous intéresse parce que la plupart des sources en font le père du tamasaba.
Fiche d’identité
| Nom | Shōnai · 庄内金魚 · Shōnai kingyo ; surnom 振袖金魚, « poisson rouge aux manches de kimono » |
|---|---|
| Groupe | Poisson rouge régional (地金魚) ; corps de type wakin |
| Queue | Simple, très longue : fukinagashi chez le jeune, voile tombant chez l’adulte |
| Origine | Bourg de Shōnai (ancien Amarume), Yamagata ; élevage commencé en 1874, croisements dès 1918, type fixé en 1923, nommé en 1926 (Wikipédia JA) |
| Taille adulte | Non documentée en centimètres ; queue de plus de deux fois la longueur du corps |
| Bassin ou bac | Bassin dehors toute l’année au Japon ; en France, aucun retour d’expérience |
| Difficulté | Débutant d’après les sources japonaises ; la difficulté est d’en trouver |
Un poisson rouge de la plaine de Shōnai
La plaine de Shōnai borde la mer du Japon, au nord-ouest de Yamagata. Le poisson qui porte son nom vient du bourg de Shōnai, l’ancien Amarume, près de Tsuruoka et de Sakata. Wikipédia JA, notre source principale, donne des dates. En 1874, Abe Jirobei (阿部治朗兵衛, 1846-1929) commence à élever des poissons rouges. En 1918, il croise des hibuna locaux, carassins rouges, avec de l’oranda. La sélection fixe le type en 1923 ; le nom 庄内金 est donné en 1926. Une seconde lignée naît à Sakata, chez Itō Unosuke et Hayafuji Tetsuzō, à partir de wakin croisé avec du ryukin ; les deux lignées échangent ensuite des poissons. La lignée Abe garde du sang d’oranda, et ses mâles âgés peuvent ébaucher une bosse ; la lignée Itō a le corps un peu plus haut et la queue la plus longue. Le Shōnai est donc un poisson de type wakin au sang mêlé, sélectionné pour sa queue.
Reconnaître un Shōnai
Le corps est allongé, plus trapu que celui d’un comète, avec une queue simple de type funao. Les nageoires poussent toute la vie et dépassent le double de la longueur du corps ; chez le jeune, la queue est un fukinagashi flottant, chez l’adulte un voile qui tombe sous la ligne latérale. Une croissance trop rapide les raccourcit en proportion, d’où le conseil japonais d’élever lentement.
La robe est rouge et blanc. Le motif le plus recherché, 一本緋, ippon-hi, est une bande rouge continue au-dessus de la ligne latérale, du museau à la queue, sur des nageoires blanches. Vient ensuite le sarasa, rouge sur la moitié supérieure. Des variantes récentes existent : 庄内さくら à écailles transparentes, 庄内にしき tricolore (Wikipédia JA).
Le Shōnai en bassin
Les sources japonaises s’accordent sur sa rusticité : sélectionné dans une région de vent et de neige, il tolère le froid et passe l’hiver dehors (Wikipédia JA ; AQUALASSIC le classe parmi les poissons rouges régionaux faciles). Nos guides sur le poisson rouge en bassin toute l’année et l’hivernage s’appliquent, avec un point propre aux très longues nageoires : elles se déchirent et s’infectent plus facilement dans une eau froide chargée. En France, nous n’avons aucun retour d’expérience, et à notre connaissance aucun vendeur n’en propose.
Le Shōnai et le tamasaba
Wikipédia JA, Tokyo Aqua Garden, tanagoGo! et les importateurs britanniques donnent le tamasaba comme issu du croisement du ryukin et du Shōnai : la rondeur de l’un, la queue simple et la résistance au froid de l’autre. Wikipédia JA note que certaines sources inversent le sens, et qu’un terme plus large, 山形金魚, « poisson rouge de Yamagata », recouvre des formes rondes nées de recroisements entre Shōnai et tamasaba. De là vient l’erreur de Wikipédia EN, qui place le tamasaba à Yamagata : le tamasaba est de Niigata, le Shōnai de Yamagata, et le second a servi à faire le premier. Les importateurs anglophones ajoutent que le Shōnai « n’est plus disponible » ; c’est vrai à l’export, pas au Japon.
Préservation et fête du poisson rouge
Le Shōnai n’est pas un monument naturel comme le jikin ou le tosakin, et nous n’avons pas trouvé de 保存会, association de préservation, à son nom. Sa production reste locale : huit éleveurs travaillaient au hameau de Nishibukuro, il en reste trois, plus un élevage à Yuza ; des concours existent depuis 2009 (Wikipédia JA). Chaque mois de juin, le bourg tient la しょうない金魚まつり, fête du poisson rouge de Shōnai, devant la gare d’Amarume (office de tourisme) ; l’édition 2026 était annoncée du 18 au 22 juin, avec des poissons de 100 à 10 000 ¥.
Reproduire le Shōnai
Rien de documenté en dehors de la règle générale du poisson rouge en bassin ; les éleveurs japonais sélectionnent sur la queue et le motif ippon-hi.
Le Shōnai chez À Flore d’Eau
Nous n’en vendons pas. Cette fiche existe pour comprendre le tamasaba, dont À Flore d’Eau prépare le retour à Lesneven ; la page produit sur afloredeau.com fera foi. Pour en trouver : où acheter un tamasaba.
Variétés proches
- Tamasaba : son descendant au corps rond.
- Wakin : la base du type.
- Comète et sarasa : même silhouette au premier regard, corps plus fin.
Questions fréquentes
Shōnai ou comète ?
Le Shōnai est plus trapu, sa queue pousse toute sa vie et finit en voile ; le comète est américain, plus fin, avec une queue en fourche qui reste proportionnée.
Pourquoi « poisson rouge de Yamagata » désigne-t-il parfois le tamasaba ?
Par confusion avec le Shōnai et avec les recroisements vendus sous le nom 山形金魚. Voir la nomenclature et le glossaire.
Sources
- Wikipédia JA, « ショウナイキンギョ » : https://ja.wikipedia.org/wiki/ショウナイキンギョ
- Wikipédia JA, « タマサバ » : https://ja.wikipedia.org/wiki/タマサバ
- AQUALASSIC, « 金魚の世界 » : https://www.aqualassic.com/kingyo_world/
- Navi庄内町, « しょうない金魚まつり » : https://www.navishonai.jp/spot/119.html
- Suisō-ya, fiche 庄内金魚 : https://www.suiso-ya.com/SHOP/ns-464.html
- Practical Fishkeeping et Fishkeeping News (2019) pour la filiation ryukin × « Syounai » vue d’Europe.