Le jikin est le poisson rouge de la région de Nagoya : un corps de wakin, une queue dressée qui forme un X vue de l’arrière, et une robe blanche marquée de rouge aux seules lèvres et nageoires. Monument naturel de la préfecture d’Aichi depuis 1958, il est rare hors du Japon et plus fragile que les autres wakin. Ce n’est pas un poisson pour débuter en bassin ; nous le présentons parce qu’il montre ce que la sélection japonaise a tiré du simple wakin.
Fiche d’identité
| Nom | Jikin · 地金 · Jikin ; surnoms japonais kujaku (paon) et shachi ; « peacock tail goldfish » en anglais |
|---|---|
| Groupe | Type wakin (和金型) par la forme ; poisson rouge régional (地金魚) d’Aichi par le statut |
| Queue | Double courte, dressée et ouverte en X, dite queue de paon (kujakubi) |
| Origine | Fief d’Owari (Nagoya), début de l’époque d’Edo, par sélection d’un wakin à queue dressée ; attribué par la tradition à un samouraï, Amano Suō-no-kami |
| Taille adulte | |
| Bassin ou bac | Bac ou petit bassin suivi de près ; dehors l’été, hiver à surveiller |
| Difficulté | Confirmé : plus fragile que les autres wakin, rare, cher, et la robe de concours demande une intervention |
Reconnaître un jikin
On le regarde d’abord par l’arrière. La queue est double et courte, mais au lieu de pendre, ses quatre lobes se dressent et s’écartent à angle droit : vue de derrière, elle dessine un X ouvert, ou les ailes d’un papillon. Les Japonais y voient un paon qui fait la roue, d’où le surnom kujaku, et aussi les shachihoko dorés qui ornent le toit du château de Nagoya, d’où le surnom shachi. Le corps est celui d’un wakin, allongé et ferme. All About distingue une lignée du Mikawa, au corps plus court et plus haut, et une lignée d’Owari, dite rokurin, au corps plus long.
La robe de concours s’appelle rokurin, « six écailles » : le corps est blanc et le rouge ne reste qu’en six zones, les lèvres et les nageoires. Wikipédia EN compte douze points en détaillant chaque nageoire paire. Cette robe n’est pas naturelle. Le jikin naît rouge comme un wakin ; vers quelques mois, l’éleveur retire les écailles rouges du corps une à une, à la spatule ou à l’ongle, pour que la peau repousse blanche. L’opération s’appelle chōshoku. Sans elle, le jikin reste rouge, et il n’est pas admis en concours. Hors du Japon, la pratique n’existe pas, et quelques lignées donnent une robe approchante par sélection.
Le jikin en bassin
Le jikin partage le corps du wakin, mais pas sa santé. All About prévient que, malgré la réputation de robustesse des wakin, le jikin est plus délicat et conseille de se faire la main sur d’autres variétés. Les sources ne détaillent pas la cause ; une queue dressée et un pelage des écailles ne favorisent ni la nage ni la résistance aux parasites. Un jikin se tient donc dans un bac ou un petit bassin que l’on surveille, avec une eau propre, peu de concurrents à la nourriture et un abri contre les prédateurs.
L’hiver dehors n’est pas documenté pour la France. Le poisson vient d’une région aux hivers doux et il est élevé au Japon dans des bacs que l’on protège. Nous écrivons donc : dehors l’été, et l’hiver en bac hors gel ou dans un bassin profond, sous surveillance, en acceptant un risque. Les règles de nourrissage selon la température sont les mêmes que pour les autres poissons rouges : nourrir les poissons rouges selon la température. Les signes de maladie sont ceux de tout poisson rouge : poisson rouge malade, les signes.
Reproduire le jikin
La reproduction suit le schéma du poisson rouge, voir reproduction du poisson rouge en bassin. La difficulté est le tri : la queue en X ne se transmet qu’en partie, et une portée donne beaucoup de queues banales. Au Japon, l’association de conservation des quatre queues du jikin (四尾の地金保存会) tient un concours annuel et décerne un titre aux meilleurs sujets. La robe, elle, se fait à la main sur chaque jeune, et c’est ce travail qui fait le prix d’un jikin fini.
Le jikin chez À Flore d’Eau
Nous ne vendons pas de jikin et n’en avons pas prévu. Le tamasaba est en vente au magasin À Flore d’Eau de Lesneven (tosai de 6 cm et nisai de 20 cm de l’éleveur NND, octobre 2026) ; pour la vente en ligne, la page produit de la boutique fera foi. Pour un bassin breton, le tamasaba, le shubunkin et la comète rendent les mêmes services sans la fragilité.
Variétés proches
- Wakin : la souche dont le jikin est issu, même corps, queue ordinaire.
- Tosakin : l’autre monument naturel, celui de Kōchi, à queue retournée ; poisson de bac aussi.
- Shōnai et tamasaba : les poissons rouges régionaux du nord, rustiques ceux-là.
- Les cinq groupes : la place des poissons rouges régionaux.
Questions fréquentes
Le jikin convient-il à un bassin de jardin en France ?
Non pour un premier bassin. Il est rare, cher, plus fragile que le wakin, et son hivernage dehors n’est pas documenté chez nous. Il s’adresse à un amateur qui a déjà réussi d’autres poissons rouges et qui tient un bac à part.
Pourquoi lui arrache-t-on les écailles ?
Pour obtenir la robe blanche à six points rouges exigée en concours. Le poisson naît rouge ; les écailles rouges retirées repoussent sans pigment. Hors du Japon, on s’en passe et le jikin reste rouge ou rouge et blanc.
Où le trouver ?
Presque nulle part en Europe. Quelques importateurs spécialisés en proposent à l’occasion, à des prix bien supérieurs à ceux du wakin.
Sources
- Base de faits tamasaba.fr (SOCLE §4) : All About, Wikipédia EN.
- All About, « 地金 » (monument naturel 1958, Owari, chōshoku, fragilité, association de conservation), https://allabout.co.jp/gm/gc/406238/
- Wikipédia EN, « Jikin » (queue en X, douze points, pelage, rareté), https://en.wikipedia.org/wiki/Jikin
- Wikipédia EN, « List of goldfish varieties », https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_goldfish_varieties
- Station piscicole d’Aichi, bureau de Yatomi (contexte de la production d’Aichi), https://www.pref.aichi.jp/soshiki/suisanshiken/0000085390.html